Est-il vrai qu’on est plus à risque de contracter le COVID après avoir été vacciné?

Non, pas du tout.

Le vaccin commence à avoir un effet protecteur au bout de 2 semaines environ. Il n’y a donc rien d’étrange à ce qu’on puisse être infecté alors qu’on vient d’être vacciné. Il se trouve que beaucoup de cas de COVID post vaccin ont été décrit il y a quelques semaines. C’était tout à fait attendu car la circulation du virus était très élevée, avec un taux d’incidence très fort.  Le risque d’être contaminé était donc important à cette période, qu’on ai ou non reçu la première dose.

Il n’y a aucune donnée qui pourrait suggérer que se faire vacciner augmente le risque d’être malade du COVID

Est-il vrai que notre immunité naturelle serait capable de nous protéger de la maladie et permettrait dans tous les cas d’échapper à une forme grave de la maladie ?

Cette théorie circule sur les réseaux complotistes. Elle n’est fondée sur rien. Bien sûr, les maladies que l’espèce humaine a croisées sur son chemin ont été au moins partiellement vaincues par notre système immunitaire, sinon, nous ne serions pas là. Mais c’est une victoire collective, obtenue au prix de véritables hécatombes. Avant les vaccins, la diphtérie ou la variole tuaient les enfants par dizaines de milliers. Avant les antibiotiques, la tuberculose, les infections rénales ou les pneumonies étaient souvent mortelles. La mortalité infantile touchait près d’un enfant sur deux, et l’âge moyen du décès était de 50 ans et non de 80 ans !

Alors oui, notre espèce a surmonté ces maladies, mais les individus ont payé un lourd tribut à ces infections. Il est irresponsable de laisser entendre que l’on peut laisser mourir des dizaines de milliers d’individus sans rien faire.

J’ai déjà été infecté par la COVID, et d’ailleurs j’ai fait une forme peu sévère. Quel est l’intérêt de se faire vacciner? Même si je suis ré-infecté, je sais que ce n’est pas grand chose…

Tout d’abord, même si les risques sont faibles, ils ne sont pas nuls (cf cette question/réponse). Ensuite, il n’y a aucune raison de penser qu’une éventuelle 2ème infection sera la même que la première. L’intensité des symptômes et la sévérité de la maladie dépend d’énormément de facteurs différents et il est impossible d’estimer à l’avance si l’on fera une forme bénigne.

Enfin, on rappelle que la vaccination n’est pas simplement une décision personnelle, mais doit aussi s’intégrer dans une réflexion collective. Cf cette question/réponse, seule la vaccination du plus grand nombre permettra d’éteindre cette épidémie.

Il parait que ces vaccins contiennent des métaux lourd. Dois-je m’en inquiéter?

Pas du tout. Tout d’abord, aucun des vaccins contre le COVID actuellement disponibles en France ne contient des métaux lourds. Ensuite, il est vrai que certains adjuvants ou stabilisateurs d’autres vaccins contiennent de l’aluminium ou du mercure. Mais cela ne comporte aucun risque. Nous avons plus de 90 ans de recul sur l’aluminium dans les vaccins et il n’y a jamais eu de risque rapporté.

J’ai un terrain allergique, j’ai déjà fait un oedème de Quincke, ou d’autres réactions allergiques. Est-ce qu’il n’y a pas un risque de réaction allergique avec un des vaccins?

Non, les cas d’allergies aux vaccins COVID sont extrêmement rares. Les contre-indications sont uniquement :

  • Antécédent de réaction allergique avérée à la première injection
  • Antécédent d’allergie à un des composants du vaccin, en particulier aux polyéthylène-glycols et par risque d’allergie croisée au polysorbate
  • Antécédent d’allergie à la trométhamine (TRIS, trométamol) pour les vaccins ARNm

Les vaccins semblent ne pas avoir la même efficacité sur les différents variants. Y a-t-il des vaccins qu’il faut privilégier sur d’autres? Dois-je attendre qu’un vaccin ARNm soit disponible pour moi?

En effet, il y a des différences d’efficacité selon les vaccins et les variants.
Tout d’abord, pour résumer, tous les vaccins proposés en France ont une excellente efficacité sur la COVID symptomatique, et surtout sur les formes graves.
Les vaccins ARNm (Pfizer et Moderna) sont ceux qui ont montré la plus forte efficacité (plus de 95%) sur tous les variants. Le vaccin Astra Zeneca, même s’il a une efficacité un peu moindre sur la COVID, garde près de 100% d’efficacité sur les formes graves. Et ce chiffre est de 90% pour le J&J.

Tous les vaccins proposés en France ont donc une efficacité excellente. Une étude préliminaire a suggéré que le vaccin Astra Zeneca n’était pas aussi efficace face au variant Sud-Africain. Mais gardons en tête que ce variant ne représente même pas 5% des variants circulant en France.

En résumé, pour éviter la maladie, tous les vaccins sont bons, et le meilleur est celui qui est disponible!

J’ai reçu une première dose du vaccin Astra Zeneca. Dois-je préférer un vaccin à ARNm pour la deuxième?

C’est discutable. Il semble que certains vaccins peuvent être moins efficaces sur certains variants, en particulier le variant dit Sud-Africain pour le vaccin Astra Zeneca. On peut donc légitimement se dire qu’il est préférable de recevoir une dose de vaccin ARNm (Pfizer ou Moderna). Mais à l’heure actuelle, les patients ayant une indication à la vaccination Astra Zeneca ne doivent pas refuser ou retarder la 2ème injection. En pratique, après une première dose du vaccin Astra il faut une 2ème dose. Et rien ne permet de dire que l’un ou l’autre des vaccins est préférable pour la deuxième.
Actuellement, la prévalence des variants pour lesquels le vaccin Astra Zeneca est moins efficace est très faible (moins de 10%). Il faut donc rester confiant dans l’efficacité du vaccin Astra, et recevoir la deuxième dose dès que c’est possible.

Je suis jeune, en bonne santé et sans maladie chronique, j’ai peu donc de risques de mourir de la Covid-19. Pourquoi dois-je me faire vacciner ?

La mortalité de la COVID chez les personnes jeunes en bonne santé est très faible. En dessous de 20 ans, elle est estimée à moins de 1 mort sur 1 million. Entre 20 et 40 ans, la mortalité varie, entre 1 sur 10 000 et 1 sur 1000 ce qui est non négligeable.
Par ailleurs, il n’y a pas que la mortalité qui doit être prise en compte. Les formes sévères qui mènent à une hospitalisation simple, voire en réanimation, sont plus fréquentes (près de 1%). Et ces formes peuvent être associées à des séquelles lourdes. Même en dehors des formes graves, il y a un risque de développer ce qu’on appelle le “covid long”, qui s’accompagne de symptômes avec des conséquences réelles sur votre vie quotidienne (perte de goût et d’odorat, fatigue chronique, problèmes cardiaques et respiratoires).

Il est très difficile d’évaluer précisément le risque à court terme du COVID dans une population à faible risque. Un article dans Science suggérait un risque de forme grave menant à une hospitalisation de près de 1%. Le risque de décès pour les personnes en bonne santé de moins de 40 ans est de 2 pour 10 000. Un risque immensément plus important que le risque de développer une thrombose après vaccination par Astra Zeneca ou Johnson & Johnson. En extrapolant les données d’un autre article paru dans le Lancet Respiratory Medicine on retrouve les mêmes ordres de grandeur.
On peut dire que dans la population à faible risque, il y a grossièrement 1% de risque d’être hospitalisé, et 1% de ces patients hospitalisés mourront (soit un risque de 1 sur 10 000).

Enfin, et c’est important, près d’un quart des patients ayant eu une COVID symptomatique présenteront des symptômes persistants au delà de 3 mois. La fréquence et la sévérité des COVID longs sont encore peu connues, mais elles ne sont pas négliageables. Dans une étude de cohorte du Lancet, c’est près de 3/4 des patients qui présentent au moins un symptome persistant 3 mois après l’infection.

L’industrie pharmaceutique tirera un grand profit d’une vaccination de masse. Ne peut-on pas suspecter que l’influence des lobby pharmaceutiques ait pu jouer dans ces indications scientifiques ?

L’industrie pharmaceutique cherche à vendre les produits qu’elle a développés mais la plupart des vaccins ont été développés par des chercheurs indépendants, sur lesquels l’industrie a investi. Le processus de validation suit des règles très strictes, avec des évaluation indépendantes rigoureuses.

L’évaluation de la situation en Israël, en Angleterre ou aux Etats-Unis montre clairement que ces vaccins sont efficace pour réduire la circulation du COVID. Alors certes, certains laboratoires pharmaceutiques pourront tirer profit du développement de leur vaccin. Mais c’est toute la population aussi qui en bénéficie.

Une fois vacciné, dois-je continuer à porter un masque et à pratiquer les gestes barrière ?

Oui tout à fait. Pour une raison très simple : même vacciné, il persiste une possibilité d’être porteur voire contaminant. Tant que la couverture vaccinale est insuffisante et tant que le virus circule, le respect des gestes barrières est indispensable.

Quand la grande majorité de la population sera vaccinée et que le virus ne circulera quasiment plus, il est possible que petit à petit, nous puissions nous relâcher progressivement. Mais ce n’est pas du tout le cas pour l’instant.